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La légende de mama binette

Mama Binette: La légende d’une naufragée


La légende de mama binette
Le 9 janvier 1802,  le navire de guerre français Le Banels’apprête à quitter le port Toulon en direction des Caraïbes. Le trois-mâts dirigé par le Capitaine Flièrèse Callamand devait réprimer une révolte à Saint Domingue avec d’autres navires de guerre français. 528 militaires200 fusiliers marins et neuf femmes néerlandaises se trouvaient à bord du Banel.
Le Banel ne devait cependant jamais arriver à destination ; suite à une violente tempête, il s’est échoué sur la côte de Béni Haoua, à 130 km à l’ouest d’Alger. Deux semaines plus tard, M. Fraissinet, consul néerlandais en Algérie, en a été informé. Une partie des survivants aurait été sauvée par des Maures et des Kabyles et une autre partie aurait été tuée.  
Le collègue français du consul, M. Dubois-Thainville, a immédiatement envoyé une lettre au bey d’Oran afin de faire libérer les survivants. Le 30 mars, Fraissinet a fait savoir que 470 membres d’équipage avaient été libérés et que 262 avaient disparu ou avaient été tués. Dans son rapport, il ne fait pas mention des neuf femmes qui se seraient trouvées à bord du Banel.
Selon la légende, septcinq ou quatre femmes (les chiffres diffèrent) avaient été faites prisonnières comme butin de guerre par une tribu locale. Le chef de la tribu prit une femme pour lui-même et offrit les autres à divers villages de la région.
Dans les villages, les femmes devinrent rapidement célèbres et furent louées pour leur piété et leurs bonnes actions. La femme la plus âgée était particulièrement chère à la population locale et au chef de son village, qui l’épousa après sa conversion à l’Islam.
Après sa mort, cette femme chérie a été vénérée comme un « marabout » (sainte). Son nom d’origine a également été oublié puisqu’elle devient connue comme « Mama Binette », ou « Umm Binette » (mère des filles). Une dalle funéraire endommagée rappelle toujours cette femme et ses six pieuses compagnes d’infortune.
Pour consulter la lettre de Mr. Dubois-Thainville, chargé d’affaires à Alger au Dey Mustapha sur le Naufrage du Banel en 1802 Cliquer Ici 

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Mausolée de Mama Binette
La mère Binette fut vénérée chez les Béni Haoua et le restera pour toujours à l’instar des autres femmes naufragées. Des mausolées leur ont été afin de perpétuer leur souvenir dans la mémoire collective des Béni Haoua (mère ou Yemma Binette, Lalla Ouda) ou chez les autres tribus (Yemma malbakht…).
Le mausolée de Mama Binette a été détruit en 1936 par un séisme. En 1937, l’administration de la commune mixte de Ténès et le Caïd de l’époque Mokrane Bendaoudavait fait construire une Kouba au-dessus de la tombe. Bâtisse qui abrite le tombeau qui fut détruit par le séisme du 9 septembre 1954, qui secoua la région d’Orléansville devenue El Asnam puis Chlef. Il fut reconstruit en 1958 par Martinez, un colon français. La bâtisse en terre fut remplacée par un nouvel édifice plus moderne. 
Aujourd’hui la bâtisse est toujours debout, mais la kouba a été détruite par le violent séisme du 10 octobre 1980qui a encore une fois frappé la région d’El Asnam. Restauré en 2008 grâce au soutien financier de l’Ambassade des Pays-Bas en Algérie. 
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Sur le tombeau en marbre est inscrit :
‘Ici repose la mère Binette, victime avec ses six compagnes religieuses comme elle, du naufrage du Banel en 1802. Le Banel était un bateau qui allait de Toulon à la Louisiane et dont on peut voir encore l’ancre sur la plage  et les canons dans l’eau à la baie des Souahlia. Après le naufrage, la mère Binette devint l’épouse d’un noble musulman. Elle fit tant du bien qu’elle fut vénérée et à sa mort sacrée sainte.’    

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La légende parle de femmes sans préciser exactement leur nombre. On parle de cinq femmes mais il y en avait peut être cinq ou sept voire neuf selon les rapports de la marine et du gouvernement français. Mais la destination vers la Louisiane n’existe dans aucun document. 
Béni Haoua, la descendance est très controversée, certains parlent de la famille Mokrane ! Est-ce que c’est toute la famille ou une partie ? On ne le saura pas de sitôt et peut être même jamais. Ces cinq femmes venues de la mer étaient un don très précieux pour le Caïd et pour la région. 

Au pied de la colline où est enterrée la mère Binetteexiste une source où chaque année un pèlerinage rassemble les femmes stériles qui attendent de la mère Binette la fécondité en attachant sur les arbres du cimetière des morceaux de tissu. Le tombeau est entouré de sept formations monolithiques qu’à chaque occasion de présentation vœux sont blanchis à la chaux. Cette vieille croyance remonte à l’époque phénicienne et n’est restée que dans le subconscient et les traditions collectives. 

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La légende dit aussi qu’il s’agit de femmes hollandaises mais rien ne vient corroborer cette affirmation, par contre la couleur bleue des yeux des descendants et surtout le potentiel de procréation de la mère Binettesemble bien en faveur d’une origine bretonne voire plus septentrionale. 
Ce qui reste de la légende et qui atteste de la véracité des faits est l’ancre qui se trouve encore sur la plage de la baie qui porte le nom de la baie de l’ancre, à Oued Goussine. S’agit-il de l’ancre du Banel ? Les canons sont encore sous l’eau à une quarantaine de mètres au large du rivage actuel.  La blancheur de la peau et la couleur des yeux de la plupart des habitants ne sont pas des arguments pour lier leur origine à la Mère Binette, mais certaines familles seraient sa véritable descendance. 
Source :
  • Site de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas à Alger, Algérie

  • Les dons de la mer: Beni Haoua, de la tribu à la cité – livre de  Djelloul Belha
Le naufrage de Banel ou la légende de Yemma Bennett un reportage d’Ahmed Benkamla, coproduit  par l’ENTV-Algérie et France 3 Méditerranée. Le reportage retrace l’histoire du Banel un navire qui fit naufrage en janvier 1802 sur la côte algérienne. Des survivants, et notamment quelques femmes, religieuses semble-t-il, furent recueillis par la population de Beni Haoua. L’une d’entre elles, la Mère Binette, devint Yemma Bennett, respectée comme un marabout dans la région.
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